Le FOSCAO Côte d’Ivoire demande la suspension des déguerpissements des populations au cours de la saison des pluies

La Côte d’Ivoire, confrontée à une urbanisation galopante, voit chaque année des vies fauchées par les intempéries. Selon les données recueillies, au moins dix personnes en moyenne perdaient la vie chaque année à Abidjan à cause des inondations et glissements de terrain. Plus récemment, entre 2022 et 2025, plusieurs dizaines de personnes ont péri lors des saisons des pluies.

Les zones les plus exposées sont bien identifiées par les autorités. Un rapport de 2022 du Ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, en collaboration avec l’Office National de la Protection Civile (ONPC), avait déjà répertorié 55 sites majeurs à risque. Aujourd’hui, ce sont 176 quartiers de la capitale économique qui sont classés comme zones à risque dans des communes telles que Abobo, Anyama, Attécoubé, Bingerville, Cocody, Port-Bouët et Yopougon. Si la nécessité de libérer les zones inondables pour sauver des vies est compréhensible, les méthodes employées actuellement sont inhumaines et contre-productives.

Nous dénonçons fermement la tenue de ces opérations de déguerpissement en pleine saison des pluies et pendant la période des examens à grand tirage. D’une part, déloger des familles alors que le sol est détrempé sans aucune solution de repli expose ces populations à des dangers immédiats et à des risques sanitaires tels que le choléra, le paludisme etc. D’autre part ces déguerpissements vont engendrer des échecs scolaires surtout pour les élèves en classe d’examen alors que la Côte d’Ivoire est engagée pour l‘école obligatoire.
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